L'élevage de chiots commence par la planification des saillies en début d'année. Ceux qui me connaissent savent que c'est un processus long et que les personnes intéressées doivent souvent attendre jusqu'en mai pour la publication du programme d'élevage complet. Je sélectionne les reproducteurs avec le plus grand soin et chaque portée doit être bénéfique à la race. D'ailleurs, vous pouvez lire ICI ce que je recherche dans mon élevage. Une fois les reproducteurs sélectionnés et après accord avec les propriétaires, nous attendons les chaleurs des chiennes. Avant chaque saillie, toutes les chiennes sont vermifugées une dernière fois. Si la portée précédente ne m'a pas donné satisfaction, je fais également tester les chiennes pour les maladies sexuellement transmissibles. Si une chienne est infectée, je la traite. Ainsi, toutes mes chiennes sont en parfaite santé avant la saillie !
Comme je fais saillir non seulement mes propres chiennes, mais aussi celles en copropriété, l'organisation est assez complexe. Les chiennes ont généralement leurs chaleurs en groupe, et celles qui vivent ensemble les ont toujours en même temps. Du coup, j'organise souvent des séjours de saillie avec mes propres chiennes et j'en organise avec d'autres lorsqu'elles sont prêtes à être saillies. J'essaie donc toujours de trouver des mâles pour les groupes de chiennes qui ne sont pas trop éloignés les uns des autres. Ça ne marche pas toujours et je dois parfois changer mes plans à la dernière minute, mais en général, tout est bien organisé.
Alors, quand les chiennes sont en ovulation, je charge la voiture et on part. Ces voyages sont comme de petites vacances. Je remplis la voiture de chiennes et, s'il reste de la place, j'emmène aussi celles qui ne sont pas en chaleur, et on part pour quelques jours.


Et puis, on attend de voir si les séjours ont été fructueux. On fait des échographies avec certaines chiennes, pour voir des photos des chiots à naître. Mais en général, je peux voir qu'une chienne est gestante très tôt, donc je n'ai pas besoin d'échographie.
Environ une semaine avant la mise bas, notre couloir, utilisé toute l'année, se transforme en maternité.

On y installe des caisses de mise bas, actuellement des cages pliables. Depuis que j'élève des chiots, j'ai utilisé différents types de caisses et de maternités. Chaque année, je m'efforce de les perfectionner pour le confort des mères et le mien. J'ai ainsi opté pour des cages avec un seuil surélevé pour empêcher les chiots de s'échapper, pliables pour un encombrement minimal après utilisation, et dont la taille est désormais suffisamment stable pour que je puisse en installer trois côte à côte dans le couloir. Pourquoi des cages ? Les chiennes présentes en maternité ne se connaissent pas toujours. Pour la sécurité et l'intimité de chacune avec son chiot, les cages sont verrouillables et sécurisées. Les futures mères sont placées dans les salles de mise bas quelques jours à l'avance afin de s'acclimater et de repérer la sienne. Juste avant la mise bas, le couloir et les salles de mise bas sont entièrement désinfectés, les lumières sont allumées, les caméras activées ; tout est prêt pour les naissances à venir.


Je reste auprès des chiennes sans interruption depuis la naissance. J’ai un lit dans les salles de mise bas et, si nécessaire, je m’y installe pendant plusieurs semaines, selon le rythme des naissances.
Il est parfois nécessaire aussi de se tenir à l'écart des chiots, notamment parce que certains ont besoin d'aide pour leur naissance et nécessitent des soins quasi constants.
Les chiennes restent à la maison avec les chiots pendant environ trois semaines. Cela dépend de la météo, du nombre de chiots et de leur envie de manger dans une gamelle. Lorsque je suis sûre que tous les chiots mangent des aliments solides seuls, les familles rejoignent l’extérieur. Nous accueillons avec plaisir les visiteurs tant que les chiots sont à la maison.
Avant leur départ, je prépare des enclos extérieurs spécialement destinés à l’élevage des chiots. Ce sont des enclos plus petits, avec des niches plus grandes. Les enclos sont en béton, avec un espace couvert devant et à l’abri du vent. Les enclos sont construits en grillage résistant à mailles de 5 x 5 cm. Ce format a été choisi pour empêcher les chiots de s'y faufiler et de se blesser. Le sol en béton facilite le nettoyage. Avant l'arrivée des chiots, tous les enclos, y compris les niches, sont nettoyés au nettoyeur haute pression, puis brûlés et désinfectés. Élevant des chiots depuis des décennies, je connais le phénomène de « fatigue environnementale ». Il s'agit de la saturation de l'environnement par des agents pathogènes provenant des portées précédentes et de la présence d'autres chiens adultes. C'est pourquoi, pendant la période de reproduction, nos chiots ne circulent pas dans le jardin avec d'autres chiens adultes, afin d'éviter tout contact avec l'herbe ou la boue, où peuvent se développer des coccidies, des giardias, des œufs de ténia ou d'ascaris, ou d'autres parasites. Avant leur départ, les chiots et leur mère sont vermifugés pour être placés dans les niches exemptes de parasites. Le chenil possède un sol en béton, fraîchement nettoyé et brûlé, éliminant ainsi tout risque d'irritation. Lorsque les chiots commencent à s'éloigner de leur chenil, ils évoluent d'abord sur l'aire couverte en béton située devant celui-ci. Cette aire est également désinfectée et brûlée, et interdite d'accès aux autres chiens adultes. Lorsque cet espace devient trop restreint, les chiots sont transférés en journée dans un enclos plus spacieux, lui aussi désinfecté. Ainsi, ils ne se déplacent pas sur une surface non revêtue. Cet enclos est réservé aux mères et à leurs chiots.
Voici ma méthode d'élevage des chiots : je veille à ce qu'ils soient exempts de parasites jusqu'à leur adoption. Juste avant de rejoindre leur nouvelle famille, chaque chiot est vermifugé une dernière fois, ce qui, en théorie, garantit leur propreté à son départ.